Qui veut rouler sur la lune ?

Il y a deux jours, le 14 septembre 2007, Google annonçait discrètement qu’il soutenait le prix X Prize de la fondation du même nom. Comment fonctionne ce prix ?

L’idée est de fixer un défi au secteur privé (le soutien par des gouvernements n’est pas possible), d’ailleurs selon le règlement 90% au moins des fonds doivent provenir du privé pour être conforme, et récompenser largement le gagnant.

Si le prix est imposant (20 millions pour le grand prix cette fois et 10 millions lors de la dernière édition), le défi l’est tout autant :

  • Lors de la dernière édition remportée en 2004 par SpaceShipOne, il fallait réaliser des vols sub-orbitaux à 100 km d’altitude.
  • À présent le défi est d’envoyer un robot faire une petite promenade de 500m sur la lune en envoyant des images et communications en quasi temps réel.

X Prize vise entre autre à relancer l’intérêt général pour le domaine spatial, les mathématiques et autres sciences.

Selon le communiqué de Google, ils espèrent avoir 6 ou 7 participants crédibles. Pour toucher les 20 millions de dollars, il va falloir faire très vite car dès 2013 le prix perd 5 millions. À noter qu’un prix secondaire ainsi que des bonus sont également en jeux, totalisant 5 millions (donc 30 millions de dollars pour la totale):

  • Prix secondaire si le robot ne fait qu’envoyer des images
  • Bonus si le robot fait plus de 5km (10 fois plus que demandé par le prix principal)
  • Bonus si le robot rapporte des photos des missions précédentes (allusion aux missions Apollos ? Si des images sont rapportées ça risque de faire du mal à la polémique en cours depuis longtemps…)
  • Bonus si le robot résiste aux durs conditions de la lune (froid glacial durant la nuit) durant deux semaines

Bien que le prix soit imposant, il ne couvrira pas forcément les frais de développement, surtout si le prix remporté n’est « qu’un bonus ». Par contre cela fait une formidable publicité et carte de visite pour le créateur (voir la médiatisation pour SpaceShipOne et les retombées que cela aura lorsque Virgin lancera prochainement son agence de vols spatiaux).

Ce que je trouve dommage c’est l’esprit du concours : « On envoie sur la lune, on émet des signaux et c’est finit pour le robot. » Il va donc rester sur la lune en compagnie de base de module spatiaux, instruments, mirroirs, jeep et autres restes des missions lunaires.

C’est marrant, on a fait à peine quelques missions humaines sur la lune et lors du retour d’humains là-bas (projeté en 2020 par la NASA), la lune est déjà un dépotoir.

Au mois lors du défi des vols orbitaux, l’enjeu était de concevoir un véhicule réutilisable. C’est pour cela que le défi n’est véritablement intéressant que si au minimum on s’intéresse à tous les prix : endurance, fiabilité,… les robots envoyés sur mars dépassaient régulièrement leur espérance de vie (à part les échecs).

Étant participant à l’Eurobot 2008, je connais l’intérêt et les enjeux de ce genre de concours et c’est extrêment intéressant au vu du nombre de défis à résoudre (lancement, communication, déplacement, autonomie, solaire, etc… surtout à 300′000km de distance…).

Dimanche, septembre 16th, 2007 Software / Dev

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